risques adolescence

L’adolescence, une période à risques…

Posted on 8 mars 2018

(illustration couverture)

L’adolescence est une période charnière entre l’enfance et l’âge adulte où tout est chamboulé. Les ados ont du mal à agir avec raison et se mettent parfois en danger pour goûter au plaisir du risque. Pourquoi ? A cause du développement de leur cerveau !

Gare aux fréquentations

A l’adolescence, on s’éloigne un peu du cocon familial pour se tourner vers
notre deuxième famille : les ami(e)s. Ils nous donnent des conseils sur les sujets que l’on
n’ose pas aborder à la maison, nous soutiennent et surtout nous
divertissent. Parfois, ils peuvent avoir une mauvaise influence. La première cigarette, les premiers verres d’alcool, les courses de vitesse, la drogue… C’est souvent parce que quelqu’un nous influence et parce que l’on veut se faire respecter au sein d’un groupe
que l’on prend des risques. Et attention au cercle vicieux : plus on prend des risques en buvant ou en consommant des drogues et plus notre perception des risques sera faussée, notamment sur la route. Entre 14 et 18 ans, un décès sur trois est dû à un accident de la circulation.

gare aux fréquentations

Tout est dans le cerveau

Les scientifiques ont observé ce qui se passe dans la tête d’une personne confrontée à un risque. Il y a d’abord un tas de capteurs qui transforment l’information reçue (le saut depuis un plongeoir, ou l’accélération de la vitesse sur la route par exemple) en messages électriques envoyés dans le système limbique. C’est ici, au coeur du cerveau, que naissent les émotions et le sentiment de plaisir.
Chez les adolescents, ce système est hypersensible. Quand il reçoit des messages signalant un danger potentiel, le système limbique peut donc être tenté de reprovoquer les situations à risque pour obtenir sa dose de plaisir immédiat liée aux sensations fortes éprouvées. Heureusement, le système limbique n’est pas le seul à décider !
Lorsque l’on prend le temps de réfléchir, la décision se réalise dans le cortex préfrontal, là
où dort notre intelligence. Face à une information nouvelle, des neurones s’associent pour créer de nouvelles connexions comme des routes entre deux villes. Une fois les routes établies, l’information passe plus vite. Si tu as appris à jouer d’un instrument de musique, tu sais reproduire une note quand tu la lis. Plus besoin de réfléchir, tes doigts réagissent par automatisme. Pour les risques, c’est pareil. Grâce à ces connexions entre tes neurones,
ton cerveau sait détecter rapidement une situation qui présente un danger, ce qui te permet de prendre une décision appropriée. Sauf que les chemins entre les neurones chez
les ados ne sont pas tous établis. Le cortex préfrontal est encore en développement.
Voilà pourquoi les adolescents ont plus de difficultés à évaluer les risques. S’ils donnent parfois plus d’importance à la recherche du plaisir immédiat qu’au danger qui pourrait survenir, c’est en partie à cause de leur cerveau !

tout est dans le cerveau

Plaisir vous avez dit plaisir ?

Avant de prendre un risque, il y a l’excitation, ou la peur. Après, il y a le soulagement, la satisfaction ou la douleur. C’est un peu comme lors d’une partie de cartes : tu prends plaisir à établir des stratégies mais tu n’as aucune certitude de gagner. Si tu n’es pas mauvais perdant, peu importe le résultat : le divertissement vient du suspense qui entoure la partie. La prise de risque et le jeu ont beaucoup de points communs : on recherche la
nouveauté, l’inconnu… sauf que les impacts ne sont pas les mêmes !
En matière de risques, les conséquences peuvent même arriver très longtemps après. Et puis, prendre un risque n’est pas toujours lié à une recherche de plaisirs. Pour certains
adolescents, c’est aussi une façon d’essayer d’attirer l’attention pour faire part d’une souffrance à leur entourage. C’est en partie à cause de leur cerveau, en cours de structuration et d’évolution.