amour et handicap

Sexualité, amour et handicap : tous concernés !

Posted on 9 octobre 2015

Sexualité, amour et handicap : tous concernés ! – création visuel affiche.

Sujet complexe qui touche au plus intime de chacun, la sexualité se situe au croisement du désir, de la jouissance, de l’interdit et de la Loi. Ceci est d’autant plus manifeste lorsque les personnes en situation de handicap s’en saisissent. Entravées dans leur corps ou leur esprit, leurs droits parfois, il a fallu, ou il faudra, un long chemin pour se faire reconnaître comme sujet désirant à part entière…

La sexualité de la personne handicapée n’existe pas…
Les désirs, les pratiques, les fantasmes sexuels des personnes en situation de handicap, témoignent de réalités, heureuses ou malheureuses, que chacun peut connaître.
Personnes handicapées, professionnels, parents, beaucoup ont affaire à l’intrusion de la question sexuelle dans leurs parcours, leurs relations, en des termes très concrets :

Comment puis-je faire l’amour avec ce corps qui ne répond pas ? Comment rencontrer l’autre quand mon être est marqué par l’entrave ? Puis-je demander de l’aide comme pour d’autres gestes de mon quotidien ?

Comment accompagner dans nos institutions l’expression du désir, de la jouissance et de l’amour ? Faut-il étouffer cette expression, la contenir, la réguler, la favoriser ? Ces questions si intimes concernent-elles l’institution ?

Puis-je aider mon enfant à rencontrer un(e) partenaire là où son handicap tend à l’enfermer dans son monde ? Comment soulager son corps et son esprit quand la pulsion fait douloureusement tension au risque de déranger les règles sociales ? Comment trouver la bonne distance ?…

Ces questions, parmi tant d’autres, éclairent la mise en tension de la sphère intime (la jouissance, le désir, l’amour, le plaisir) et du champ social (l’institution, la loi, les interdits, la morale).
Ce débat forcément conflictuel, politiquement, socialement, psychiquement, peut-il se résoudre dans un cadre légal ? Par la mise en œuvre d’un protocole ? N’admet-il de solutions qu’au cas par cas dans le respect le plus complet de l’intimité du sujet ?
Les entraves que connaissent les personnes handicapées dans leur corps ou leur esprit viennent souligner la singularité de toute rencontre sexuelle et amoureuse. Pour elles, les choses iraient moins de soi car nécessiteraient le recours à une assistance, à un tiers :

. physiquement aidant quand le corps ne répond pas.

. protecteur quand le sujet semble être victime de l’autre

. régulateur quand les façons de jouir sortent des codes sociaux

.décomplexant quand les inhibitions pèsent trop…

Autant de difficultés dont les personnes en situation de handicap sont loin d’avoir le monopole.
Nous avons tous affaire au manque, c’est même ce « handicap » qui alimente notre désir. Sans cette quête de l’autre, point d’amour.