Du désir d’enfant au devenir parent

Posted on 13 janvier 2017

Illustration du visuel pour le colloque « Du désir d’enfant au devenir parent. Quels cheminements quand on a un handicap? »

Le désir humain est insondable. Il se laisse deviner en filigrane dans nos demandes, nos façons d’être, de faire. Dans nos malaises aussi. Que désire-t-on lorsque se formule une demande d’enfant ? Avoir un enfant ? Vivre une grossesse ? Devenir parent ? Consolider son couple ? Fonder une famille ? Revivre son enfance ? La réparer ?
Peut-être tout cela à la fois… Autant de réponses que d’individus, rien ne peut se prédire.
Ce désir est ce que chacun a de plus intime, de plus singulier, il échappe au sujet lui-même. Avoir un handicap n’y change rien. Et pourtant, ça change tout !

En effet, après avoir conquis le droit à faire couple, à vivre une sexualité où naît ce projet parental, une autre étape attend la personne handicapée en demande d’enfant.
Pour elle, les obstacles sont nombreux :
• Le regard des autres, l’apriori social, tendant à percevoir les incapacités de la personne, la réduisant ainsi à son handicap.
• Un discours social pris entre tentations « préventive/hygiéniste » ou tendance
« naïve/égalitariste ».
• Les peurs, les inquiétudes des familles.
• Les supposés savoirs de certains professionnels, d’institutions qui pourraient penser qu’il y aurait une bonne façon d’être parent.
• Ses propres limitations, physiques, intellectuelles, sensorielles, psychiques, réelles
ou imaginaires.
Le droit à devenir parent ne peut être soumis à autorisation. Malgré la loi, familles et professionnels se retrouvent dans une position inconfortable.
Aucun guide, aucune réponse clé en main ! Pourtant, il faut en dire, en faire quelque chose de ce désir, sans l’étouffer. Le poids de ce tabou dans notre société peut empêcher la parole de circuler. Avec nos impasses, il s’agirait de prendre une posture la plus éthique possible : entendre ce désir, le laisser se déplier dans toute sa légitimité, sa dignité, en accuser réception sans masquer nos doutes, nos craintes, nos interrogations, nos espoirs…